Des professions de foi dites dans notre communauté

Celle de Vincent pour sa confirmation le 19 mai 2024:

Je fais ma confirmation parce qu’après 12 ans de recherches, de rencontres, de lectures, je souhaite faire partie de l’église protestante réformée, devant laquelle je confirme mon baptême aujourd’hui.
J’ai une pensée pour Emmanuelle ma femme et mes enfants, qui m’ont toujours accompagnés tout au long de ce cheminement, et qui ont nourri la foi que je porte envers notre Seigneur Jésus Christ.
Je prie également pour la communauté protestante de Quimper dans laquelle je me suis sentie accompagné, accueilli et non jugé.
C’est à mon sens ce que doivent être nos temples, des lieux d’accueil, de respect, d’amour et dont nous devons bannir le jugement de nos frères et sœurs.
J’ai choisi le verset tiré de l’évangile de Jean, chapitre 3 et le verset 16, il est écrit : « car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il est la vie éternelle ». Ce verset qui m’a toujours beaucoup touché reste une ancre et une certitude dans mon parcours de foi. Il incarne également le sola fide, pilier de notre foi, auquel je suis particulièrement attaché.
Pour terminer, je ressens dans l’église protestante ce que j’ai toujours cherché dans mon cheminement, pouvoir être moi-même, à l’aise, et fier d’appartenir à notre communauté, sur les pas du Christ.

Celle de Maxime pour son baptême le 12 janvier 2025:

Seigneur, je viens à ton appel.

Fais de moi une source, comme ces sources auxquelles je me suis toujours abreuvé. Car ma foi, je la dois à ceux qui t’ont montré à moi. Je ne te connaissais pas, jusqu’à ce que j’apprenne que tu avais toujours été là.

Enfant, on ne m’a pas parlé de Dieu, mais de la recherche du bonheur. Aujourd’hui, je ne sais toujours pas qui Tu es, mais je suis heureux de Te chercher, de Te prier et de Te demander de Te révéler à moi. Ne sachant pas qui Tu es, Seigneur, je m’abreuve à la source des autres. C’est dans la foi et la piété d’autrui que j’entrevois un éclat de Ta gloire.

Seigneur, fais de moi une source de joie et de foi.

Je me souviens de ce film, O’brother, qui a laissé une empreinte définitive en moi. La scène du baptême y est très belle, et cette chanson qui nous invite à descendre dans la rivière pour prier, down in the river to pray. C’est peut-être dans cette rivière de cinéma que le chemin vers Dieu a commencé. Ce jour-là, j’ai cru à l’effet régénérateur du baptême. Le baptême nous permet de renaître, même quand on est un bandit en cavale, sans feu ni lieu.

Cette expérience cinématographique a eu lieu à peu près en même temps que mes premiers cours de philosophie, au lycée, à l’âge où on découvre l’existentialisme, l’absurde, cette fameuse « absence de sens » de la vie. Pour moi, la vie avait toujours eu un sens : être heureux et vertueux, cela me convenait. Et j’ai découvert les Pensées de Blaise Pascal, et tout a changé. Selon sa démonstration mathématique, le seul sens possible, c’était Dieu. Il fallait croire, être pieu, et plier la machine aux gestes de la religion. « Faites semblant de croire et bientôt croirez », comme le dira Brassens.

Entre la joie libératrice du baptême de O’brother et l’austérité pascalienne, j’ai beaucoup médité depuis le lycée, j’ai cultivé l’attraction et les réticences que j’avais pour l’Église, j’ai étudié, j’ai eu mes fascinations, mes émerveillements, mes colères, mes doutes, je me suis abreuvé à toutes les sources. Les œuvres d’art créées pour Dieu, la musique de Jean-Sébastien Bach, le gospel, les poèmes de Marie Noël, les Cantiques spirituels de Racine, les tableaux de Georges de la Tour, de Caspar David Frierich, et de tous ces artistes dont l’œuvre témoigne de leur foi. Les engagements politiques de Martin Luther King, de l’Abbé Pierre, de Jacques Ellul, du socialisme et de l’écologie chrétienne, pour une justice sociale digne du Christ. Les règles de vie que l’on se fixe pour être plus près de Dieu : la règle de Saint-Benoît, la vie monacale, le retrait du monde, les ascètes au désert, les règles d’abstinences et les rites de prières des Musulmans. Les pèlerinages, leur solitude et leur solidarité, la quête spirituelle matérialisée dans la marche des pèlerins. Et bien-sûr, un livre inépuisable, intarissable de poésie, de philosophie, de mystère et de joie, la Bible.…

Je ne connais toujours pas Dieu, le père, je le cherche. Mais je connais Jésus, Son fils, car Il est un homme comme nous tous et que Sa sagesse me parle directement. Il m’enseigne Son sens du sacré, Son amour pour Son père. Voilà en quoi je crois, en l’amour de Jésus, qui est parvenu jusqu’à moi à travers les siècles. Ce n’est pas une vieille histoire qui nous est parvenue, c’est le Royaume de Dieu, auquel je veux aujourd’hui appartenir, par le baptême.

Pas un baptême de cinéma ni de philosophie, mais le baptême que Dieu voudra bien me donner.

Seigneur, je t’en prie, inonde-moi de joie, que mon cœur ne sèche jamais, plus jamais. Immerge-moi dans Ta joie, que je sois pour toujours une source inépuisable de joie, raccorde-moi à la joie des autres. Libère-moi de moi-même, lie-moi aux autres. Je ne supporte plus ce monde sec dans lequel j’étouffe. Je veux que tu me plonges dans la joie. Je veux que tout change. Je veux Ton Royaume. Je veux vivre dans l’amour de l’Esprit Saint, et respirer Sa joie comme un poisson respire l’eau. Je ne veux pas mourir. Je veux juste renaître. Je ne veux plus de l’ancien monde. Je veux le Vrai, le Bon, le Bien, le Beau, l’Éternel. Seigneur, je t’en supplie, montre-moi ce que Tu es.

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